Frontières et dystopie

Une frontière, une limite, une séparation, une zone, un état, une réflexion… Nous avons tous en tête une définition de ce qu’est une frontière. Concept à double nature, entre barrière et passage, ouverture et fermeture, les frontière) se définissent par l’immatériel mais aussi par leur inscription sur le terrain, sur les cartes. Elles divisent les biens et les relations, matériels(elles), humains(nes), moraux(ales), intellectuels(elles)… Elles incarnent les États dans leur dimensions spatiales mais aussi leurs politiques, leurs économies, leurs cultures, leurs sociétés, elles font leur grandeur et organisent leur chute.

Une des premières que nous rencontrons est celle entre le bien et le mal. Notion certes purement arbitraire, mais qui pourtant régit nos sociétés et à laquelle nous sommes tous soumis. Ce qui est frappant c’est de voir que cette idée marque nos esprits et façonne nos comportements à l’égard de chaque frontière.

La propriété est une des raisons historique de l’établissement de limite spatiale. Dans l’absolu, une frontière n’est pas quelque chose de mauvais, mais l’utilisation que l’humain en fait la rend souvent délétère. Ainsi, si nous avons pu constater il y a quelques décennies, la perte d’importance des frontières, mettant l’accent sur le libre-échange et la libre circulation des hommes, des idées et des marchandises, mais nous sommes face aujourd’hui à un processus de verrouillage. Les murs s’érigent entre les Hommes, l’ouverture apparaît alors comme une menace et vient la peur de la perte des valeurs qui constituent nos territoires.

La peur de l’autre se répand et s’empare de nos idées, de nos réflexions, l’échange humain n’est plus perçu comme quelque chose de salvateur, il devient au contraire un argument pour justifier des comportements fascistes, que ce soit dans le domaine de l’économie, du social, de l’intellect.

Mais qu’avons-nous de tant précieux à protéger ? Fermer nos frontières, quelles qu’elles soient, n’accélérerait-il pas le déclin de nos sociétés ? Ne sommes-nous pas en train de mettre une chape de plomb sur nos consciences ?

Un jour peut-être nous comprendrons que nous avons tout à apprendre avec l’autre, que fermer une barrière nous donne peut-être un vague sentiment rassurant de sécurité mais qu’en réalité nous ne faisons que creuser une tombe.

Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé.”

- Albert Einstein.

Pour ce troisième numéro, Futur Noir tisse sa toile hors des marges et se questionne sur l’abolition des limites de la matérialité. Retrouvez la suite du numéro sur le site spécialement concocté à cette occasion :  Achetez le numéro pour obtenir le lien ! .com

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